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Le col des goumiers

photos_044.jpgLe 30 septembre Anonyme : (…). « Remplis du souvenir d'une lumière unique, leurs yeux se sont fermés aux brumes d'Occident. Permettez Seigneur que les durs guerriers de Berbérie qui ont libéré nos foyers et apporté à nos enfants le réconfort de leur sourire, permettez qu'ils se tiennent épaule contre épaule et qu'ils sachent combien nous les avons aimés »   commence la bataille de Bastia. Elle se déroule dans la boue, sans aucun soutien aérien des troupes au sol.
Au moment où elle débute, la 90ème Panzer est presque entièrement évacuée. Il reste encore quelques milliers d'hommes de la Sturmbrigade de SS Reichführer dont les arrière-gardes font preuve d'un réel mordant.
Le 29, le 1er bataillon du 1er R.T.M. libère Rutali. Les habitants fournissent leurs mulets pour le transport des vivres et des munitions, et des patriotes guident la 1ère compagnie vers le col de San Stefano (349 mètres) défendu par une cinquantaine d'allemands et deux canons de 75. Le lendemain à l'aube après un combat achrné les tirailleurs marocains du capitaine Morand atteignent le col et capturent les onze S.S. survivants. La contre-attaque d'un bataillon ennemi est rejetée sur le défilé du Lancone. La compagnie Thollot réussit un coup de main heureux en plaine au sud de Biguglia et ramène sept prisonniers. De leur côté, le 59ème goum et les 1er et 6ème tabors ont occupé à l'aube le col San Leonardo. A 16 heures, ils atteignent la Serra-di-Pigno (857 mètres) à 4 km de Bastia à vol d'oiseau. De cet observatoire naturel, ils voient les convois ennemis défiler sur la route de Borgo à Bastia et dans le port vingt-deux péniches qui attendent leurs passagers pour l'Italie. Va-t-on utiliser les marocains pour les raids de nuit, générateurs de panique, sur le port où l'ennemi précipite son embarquement ? Le commandement estime qu'il est préférable de les lancers à revers sur le col de Teghime (548 mètres).

photos_043.jpgLe 1er octobre, goumiers, spahis et Italiens contrôlent le carrefour de Patrimonio. Les patriotes du Hameau de Poggio guident les goumiers du colonel De la Tour vers le col de Teghime où l'ennemi est retranché dans de solides blockhaus hérissés de mitrailleuses, de canons de 75, de 105 et quatre grands obusiers de 152… Le temps est épouvantable. Le ravitaillement arrive mal. Les goumiers doivent conquérir les crêtes une à une, après progression dans un maquis coupé de failles et parsemé de rochers abrupts.
A l'aube du 2 octobre, le 47ème goum approche du Mont Secco (662 mètres) quand le brouillard se lève, l'offrant en cible aux Allemands. Les Marocains perdent vingt-cinq hommes. Ils enlèvent quand même le Secco avec le concours de l'artillerie italienne et de renforts. Devant la ruée des Marocains, les Allemands, pour éviter le corps à corps, décrochent vers 16 heures de ce col de Teghime que la voix populaire appelle aujourd'hui le col des Goumiers. ( Voir aussi Génération des Amis N° 19 : « Le chant des Tabors marocains »).

Maurice Choury. « Tous Bandit d'honneur ». Ed. sociales pp. 199 et 200

Les Goumiers

Hommage aux Goumiers sur la stèle du col de Teghjme

Combien d’entre eux sont morts sur les routes de France,
Des cyprès de Provence jusqu’aux neiges du Rhin,
Si loin de cette terre où leur cœur est resté,
Si loin des terres noires et des ksour fauves,
De la montagne bleue, des oliviers tordus (…)
Remplis du souvenir d’une lumière unique,
Leurs yeux se sont fermés aux brumes d’Occident.
Seigneur, permettez que les durs guerriers de Berbérie qui ont libéré nos foyers
Et apporté à nos enfants le réconfort de leur sourire,
Permettez qu’ils se tiennent contre nous, épaule contre épaule.
Et qu’ils sachent, O Seigneur,
Combien nous les avons Aimés.

(Anonyme)
Posted by cabrio2b