Menu

Arthur GIOVONI

Né(e) à Moca-Croce (France, Corse du Sud(2A)), le 06 Octobre 1909 - Décédé(e) à Paris (France, Paris(75)), le 19 janv. 1996

Arthur Giovoni est né le 6 octobre 1909 à Moca-Croce en Corse. Ses parents Dominique Giovonni originaire d’Azilone et Ange-Marie Léandri, originaire de Zicavo, sont tous deux enseignants. Il fait ses études secondaires au lycée Fesch à Ajaccio. Puis, étudiant à la faculté d'Aix-en-Provence, il obtient une licence ès Lettres et Philosophie en 1933.

Après son service militaire qu’il effectue dans l'Infanterie en 1935, il devient professeur de Lettres à Bastia puis à Ajaccio. Membre du Parti communiste, il participe à la création en mai 1939 de l'Union départementale des syndicats.
Mobilisé en 1939 comme auxiliaire de la Marine puis comme artilleur au 92e Régiment d'Artillerie, il participe à la campagne de France. Démobilisé en juillet 1940, il est professeur à Bastia avant d'être muté à Rodez en raison de son passé politique.

Pendant la guerre

Au lycée de Rodez, il développe dès 1941 une activité clandestine de soutien aux enseignants révoqués par Vichy.
A l'occasion des vacances de l'été 1942, il réussit à constituer un petit groupe du Front national corse à Azilone dans le canton de Sainte-Marie-Sicche. A partir d'octobre 1942, il rejoint la corse pour éviter une arrestation et y entre dans la clandestinité.
En novembre 1942, les Italiens occupent la Corse. Malgré la difficulté d'organiser une résistance active contre l'occupant, en raison de l'inexpérience et de l'esprit de division, Arthur Giovoni contribue à créer et à maintenir le Front national de Corse fondé par Henri Maillot. Le mouvement parvient à grouper rapidement ceux des patriotes qui sont décidés à combattre les armes à la main.
Il s'occupe activement de la propagande et grâce à lui et aux autres membres du Comité départemental du Front National de Corse, l'esprit de la libération gagne tous les villages et atteint toutes les couches de la population. Par ses tracts édités en italien, il sème le doute à l'intérieur des casernes de l'occupant. Arthur Giovoni assure en outre des réceptions d'armes par parachutes en collaboration avec le commandant de gendarmerie Paulin Colonna d'Istria après l'arrivée clandestine de ce dernier en Corse en avril 1943.
Plus particulièrement chargé des problèmes politiques au sein du mouvement, il est très actif sur le terrain. Il opte pour la préparation de l'insurrection armée avec des éléments non fascistes des troupes italiennes. Le Front National le désigne pour mener des pourparlers avec le colonel Cagnoni, aux fins de constituer un front antinazi entre italiens antifascistes et résistants corses.

En août 1943, Arthur Giovoni est envoyé à Alger par la direction du Front National pour recevoir les consignes du Comité français de la Libération nationale (CFLN) sur la conduite à tenir à l'égard de l'administration de Vichy au moment des combats libérateurs. Mais ce voyage, effectué le 5 septembre 1943 à bord du sous-marin Casabianca, le tient éloigné de la Corse au moment où, dégagés de l'emprise italienne, les patriotes engagent le combat contre les Allemands.
Il rejoint l'île dans la nuit du 13 au 14 septembre 1943 avec le nouveau préfet de la Corse, Charles Luizet, sur le torpilleur Le Fantasque.
A la libération il sera placé à la tête du Conseil de préfecture aux côtés de François Vittori, Paulin Colonna d’Istria, Maurice Choury et Henry Maillot. Les résistants unanimes en feront le président du Front National, De Gaulle, un de ses compagnons de la libération, Ajaccio son maire et la Corse son député.
Délégué à l'Assemblée consultative d'Alger, Arthur Giovoni termine la guerre avec le grade de lieutenant-colonel FFI.
Elu maire (1945-1947) puis député d'Ajaccio à la Constituante puis à l'Assemblée législative (1945-1956), membre du Comité central du Parti communiste français jusqu'en 1961, il reprend ensuite son poste d'enseignant à Paris et termine sa carrière au lycée Paul Valéry..
Arthur Giovoni est décédé le 19 janvier 1996 à Paris. Ses cendres reposent au cimetière du Père-Lachaise.

Distinctions :

  • Chevalier de la Légion d’Honneur
  • Compagnon de la Libération, décret du 16 août 1944
Hélène Chaubin « Corse des Années de Guerre 1939-1945 » Ed. Tirésias - AERI

Posted by cabrio2b