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Jean NICOLI

Né(e) à San Gavino di Carbini (France, Corse du Sud(2A)), le 01 Janvier 1970 - Décédé(e) à Bastia (France, Haute-Corse(2B)), le 30 août 1943

Jean Nicoli est né le 4 septembre 1899 à San Gavino di Carbini. Il a trois frères et une sœur et ses parents sont de modestes épiciers. A dix sept ans il est reçu au concours d’entrée à l’Ecole Normale d’Instituteurs d’Ajaccio. Après le service militaire accompli dans le Génie en 1920, il rejoint son premier poste à Sorio, dans le Nebbio. Il se marie en 1922 avec Marie-Jeanne, institutrice, et a un fils Don Jacques en octobre 1923, il est alors en poste à Ste Lucie de Porto-Vecchio. En 1924 il sera à San Gavinu. Jean Nicoli et son épouse obtiennent alors un poste double dans le Haut-Sénégal (aujourd’hui le Mali), successivement à Kayes puis à Bamako où nait Francette Nicoli en avril 1925.

Il reste en Afrique jusqu’en 1934, et y devient directeur d’école à Mopti. Il y tient un journal, riche en observations critiques sur certaines pratiques de la colonisation et écrit un livre, "L’écolier noir". La dégradation de l’état de santé de sa femme l’oblige à rentrer en France. Jean Nicoli enseigne durant un an dans une école de la rue Lepic. Il participe aux manifestations du Front Populaire et adhère au Parti Socialiste. Son épouse est soignée à Paris, en vain et c’est en février 1937 qu’elle décèdera en Corse où les Nicoli ont pu rentrer : Jean est directeur d’école à Propriano.

Pendant la guerre

Quand la guerre éclate, il est mobilisé dans le Génie à Corte, puis à Rodez. Revenu en Corse après l’armistice, il participe à la formation des premiers groupes de Résistants à San Gavinu et à Casalabriva. En 1942, depuis le Sartenais il a des contacts avec le Front National : François Carli, Nonce Benielli et Arthur Giovonni, avec lequel il s’efforce de trouver des armes, à la fin de 1942, pour les patriotes. Il serait l’un des auteurs du chant des patriotes en Corse, la Sampiera. Il adhère au Parti comministe clandestin, le 28 décembre 1942.
Après l’arrivée de la mission De Saule, il contribue activement à la réception et à la distribution des armes fournies par Alger, par parachutages ou débarquements de sous-marins. Il parvient à équiper les patriotes du Sartenais. Il participe à la conférence de Porri, en mai 1943, après l’arrestation de Fred Scamaroni. Le Comité départemental y est solidement organisé. Jean Nicoli est désigné comme responsable à l’armement. Le 17 juin 1943, il échappe de peu à une arrestation à la Brasserie nouvelle à Ajaccio où il arrivait avec un peu de retard. Mais il est recherché par l’OVRA qui possède une photo de lui et il est arrêté en même temps que Jérôme Santarelli, un autre responsable du FN, le 27 juin 1943. Tous se trouvaient chez Jacques Bonafedi où ils préparaient un débarquement d’armes.
Il est incarcéré à Ajaccio jusqu’à son transfert à Bastia le 26 août 1943. Sa fille Francette espère en vain une évasion, d’abord de sa prison, puis pendant le transfert que les Résistants avaient prévu par chemin de fer. Un plan a été mis au point avec les cheminots, mais les italiens, sans doute informés, choisissent la route plutôt que le rail. Jugé par le tribunal militaire italien à Bastia, les 27 et 28 août 1943, il st condamné à « être fusillé dans le dos » pour espionnage militaire. Les tentatives de sa fille pour obtenir, du général Magli, un  recours ont été sans effet, tout comme les contacts pris par les dirigeants du Front national avec le colonel des Chemises noires, Cagnoni, pour essayer de le sauver.
Il est exécuté le 30 août 1943 à 7H30. Son corps porte des traces de mutilation à l’arme blanche.

Posted by cabrio2b