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30 août 2013. la cérémonie de Siò

Col de Siò, Bocca di Siò. Ce 16 juin 1943 un avion venu d'Alger larguait armes et munitions (et même des chaussures, broyées à leur arrivée au sol). Jacques Sorba est le seul survivant du groupe d'homme chargé de la réception au sol. 8 septembre 2013, cérémonie du souvenir au col de Siò et au Burgu, plus précisément devant la maison de la famille Sorba qui accueillait les Résistants de toute la région.

30 août 2013. la cérémonie du Col de SiòN'ayant plus la force de de prononcer un discours, ce sont ses petites filles qui l'ont lu.

"Il y a soixante dix ans, le peuple Corse se libérait de l’occupant fasciste, et pourtant, aujourd’hui encore, nous apprenons régulièrement que de hauts dignitaires du régime nazi, responsables de la mort de millions de personnes, meurent sereinement, dans leur lit, sans avoir jamais été jugés et qu’un peu partout dans le monde, des nostalgiques de cette sombre période défilent impunément, bottés, casqués, dans les rues des villes, sans être inquiétés. Il nous paraît donc, indispensable de continuer à être vigilants et à dénoncer ces dérives. La bête immonde n’est pas morte, c’est le sens de notre présence à cette manifestation. L’amour de notre île et de la Liberté nous ayant été inculqués dès notre plus tendre enfance, nous en avons fait le fil conducteur de notre existence. Ainsi, quand les hordes fascistes, au nombre de 80000 hommes envahissent la Corse et que Mussolini déclare en parlant de celle-ci qu’il veut << la cage mais pas les oiseaux, >> tout naturellement, je rejoins le maquis avec mes frères, malgré mon jeune âge et mon inexpérience. (…)
.Des hommes de grandes valeurs, tels J Nicoli, Jules Mondoloni, Dominique Bighelli, Jean baptiste Giacomini, Dominique<<Ribeddu>>, Charles Giacomini , nous encadraient et ont su, au moment opportun, prendre les bonnes décisions pour que notre lutte soit victorieuse. Mais ce combat pour la liberté n’aurait pu être mené, sans le soutien actif des hommes et des femmes, des hameaux des Martini, de Burgu, des Piattamoni, et de la région d’Olmeto, Petreto-Bicchisano et Sartène. Nos armes étaient rares et rudimentaires, aussi, attendions-nous avec impatience celles qui devaient nous être parachutées afin que nous puissions affronter l’ennemi dans de meilleures conditions. C’est pourquoi le 16 juin 1943, restera gravé dans ma mémoire.(…)
Aujourd’hui, je suis, dans la région, un des derniers acteurs survivants de cette période tragique. Est-ce un privilège? En tout cas, je souhaite apporter, succinctement, ma modeste contribution à cette cérémonie. L’ANACR a contribué à faire revivre tous ces évènements afin qu’ils soient aujourd’hui connus de tous et il paraît indispensable de poursuivre cette action afin d’assurer un devoir de mémoire pour les jeunes générations. Que tous ceux qui passent et voient cette plaque sachent, qu’ici, des hommes et des femmes se sont battus et ont souffert pour défendre notre Liberté."

Le récit de ce parachutage en a été fait par François Mondoloni et Jacques Sorba
Posted by cabrio2b