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Ghjuvà est mort

Mardi 31 janvier 2012, La chaîne « Via Stella » a diffusé un film réalisé par Gerome Bouda sur la vie et le destin tragique, méconnus, de Charles Jean Simonpoli (NDLR : Gjhjuvà), l’enfant de Ventiseri, le poète résistant, fusillé en forêt de Fontainebleau. Corse-matin a relaté l’évènement dans son édition du 20 janvier. L’hebdomadaire 24 Ore y consacre dans son n° du 19 au 25 janvier une pleine page réalisée par Claire Cecchini qui a rencontré le réalisateur, originaire du pays Briard, enseignant à l’Université de Corté et vidéaste. Extraits :

« (...) Jusqu’à l’âge de quinze ans, Simonpoli grandit à Ventiseri, rejoint son père en Tunisie, pour s’exiler ensuite à Paris pour ses études à la Sorbonne, où il consacre son mémoire aux particularismes de la langue de son village. La phonétique du dialecte corse de Ventiseri lui ouvre les portes de la littérature. Amoureux des mots, Charles-Jean Simonpoli crée en 1942 la revue Les Cahiers de la poésie. Le Corse fréquente le cercle des surréalistes et se lie notamment avec Robert Rius, secrétaire d’André Breton.
De l’union créative à l’action militaire, il n’y a qu’un pas. Que les membres de La Nouvelle Revue franchissent en intégrant le maquis de Fontainebleau. Capturé et torturé, Simonpoli sera fusillé avec une partie de  son groupe, dans la forêt de Seine-et-Marne.Ce département funeste pour le maquisard poète est aussi celui où Gerome Bouda, le réalisateur a vu le jour.
(…) son film est narré par la voix singulière, reconnaissable entre toutes, du grand Michael Lonsdale. C’est la voix mystérieusement de velours du prestigieux lord anglais à la barbe grise qui débute le récit  du documentaire, sur les images d’une forêt de Fontainebleau enneigée. Celle de la femme fictive de Charles-Jean Simonpoli prend le relai, lisant les lettres que Marie-Antoinette envoie à ses beaux-parents, à la mort de son mari, Ghjuvà. S’ensuivent les témoignages  de François Diani, son neveu, Argie Simonpoli, sa sœur, et Rose-Hélène Iché, nièce de Robert Rius. Une autre voix d’outre-tombe, celle de Saveriu Valentini, lit devant un feu de veillée le poème I Destini que le père du héros a consacré à son fils. Tous ces témoignages et lectures s’entremêlent autour d’une fiction qui met en scène les acteurs du maquis littéraire. »
(…) Projeté le 22 décembre dernier à l’espace Cyrnéa, son film devrait bientôt l’être à la salle Brabant, toujours à Paris. En espérant qu’il rejoigne les écrans des salles insulaires. Pour y retrouver l’air du pays. » conclut Claire Cecchini

Posted by cabrio2b