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Hommage à Fred Scamaroni

Manuel Valls, ministre de l'intérieur, est arrivé le 25 novembre en Corse, avec le Garde des sceaux, Mme Tobira, pour essayer d'enrayer la spirale de violence qui s'est accélérée depuis la fin de l'été, ponctuant l'actualité de nombreux assassinats. La restauration des lois de la république à laquelle la Corse semble échapper et le rappel de son appartenace à la nation française l'ont conduit a rendre hommage à Fred Scamaroni, préfet à titre posthume, figure emblématique de la Résistance insulaire. C'était sur les lieux de son suicide, dans une cellule de la citadelle d'Ajaccio, en présence des autorités civiles et militaires ainsi que des associations associations patriotiques.

cellule-scamaroni.jpgcellule-scamaroni_2.jpgAllocution de Manuel Valls : "La Corse a versé son sang pour la défense de la République, pour la défense de nos valeurs, pour la lutte contre le nazisme et le fascisme. Nous sommes  tous, ici, rassemblés pour saluer la mémoire d’un combattant valeureux. Un combattant qui, avec tant d’autres, a donné sa vie pour que vive notre idéal  de liberté, d’égalité, de fraternité.  Dans une époque troublée, il a su, comme beaucoup de femmes et d’hommes, écouter sa conscience, et assumer  la charge de notre héritage. Un héritage qui était menacé par les tentations les plus abjectes. Si notre République a traversé les orages de l’Histoire, elle le doit à toutes celles et tous ceux qui, avec courage, se sont battus et n’ont jamais renoncé. Ils avaient dans leur cœur cet amour de la France. C’est notre devoir d’honorer leur mémoire. Il y a 69 ans, Fred SCAMARONI, préfet de la République, s’est sacrifié pour préserver la Résistance en Corse. Pour que la Corse se libère de l’oppression. Son sacrifice permettra à cette île, six mois plus tard, d’être le premier département français libéré. La Corse a résisté. La Corse s’est libérée. A travers les épreuves, les souffrances, elle est toujours restée fidèle à son serment de Bastia, fait le 4 décembre 1938, en réponse aux revendications mussoliniennes : « Face au monde, de toute notre âme, sur nos gloires, sur nos tombes, sur nos berceaux, nous jurons de vivre et de mourir Français ». Ces mots résonnent avec force. Ils disent tant de choses sur ce qu’est la Corse, sur la place qu’elle occupe au sein de notre Nation.  Fred SCAMARONI fait partie de cette longue liste de Corses morts pour la France. Dès l’invasion de la Pologne par l’Allemagne hitlérienne, en septembre 1939, il part au front. Volontaire dans l’aviation, il est blessé le 19 mai 1940, et perd une partie de sa capacité visuelle. Mais il refuse l’impuissance et la soumission devant l’ennemi !  Avec quelques camarades aviateurs, il répond à l’Appel du Général de Gaulle en rejoignant, dès juin 1940, l’Angleterre,  Après plusieurs missions périlleuses dans les Forces Françaises Libres, notamment en Afrique, il s’engage dans la Résistance et crée l’un des tous premiers réseaux, un maquis et une filière d’évasion vers l’Espagne. Connu dans la Résistance sous différents noms, et notamment celui de François Edmond SEVERI, il rêve de faire de la Corse le premier département français libre. Et c’est sous cette identité de François Edmond SEVERI qu’il arrive sur l’île, le 7 janvier 1943.  Commence alors la constitution d’un réseau afin de faire face aux 80 000 italiens qui occupent l’île. Fred SCAMARONI est particulièrement actif et accomplit de nombreuses opérations, avec bravoure.  Arrêté le 19 mars 1943, avec une dizaine de ses compagnons, il est emprisonné à la Citadelle d’Ajaccio. Malgré les tortures qui lui sont infligées, Fred SCAMARONI ne parlera pas. Preuve suprême de son courage, il choisira de mettre fin à ses jours dans la cellule où je viens de me recueillir.  Le 8 octobre 1943, dans Ajaccio libéré, le Général  de Gaulle a fait de son envoyé personnel à Dakar, Fred SCAMARONI, un Compagnon de la Libération en évoquant un « magnifique officier, modèle de courage et d’esprit de sacrifice ». Ce parcours, tout entier au service de la France, doit nous servir d’exemple, à nous tous Républicains : on ne transige pas avec les valeurs de la République !"

Posted by cabrio2b