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Hommage à Michel Bozzi

En cette année du 70ème anniversaire de la Corse, les cérémonies commémoratives pour la mort de Michel Bozzi et Jean Nicoli, fusillés le 30 août 1943, revêtent un éclat particulier. Ainsi, pour Michel Bozzi : outre la cérémonie qui a lieu habituellement dans son village de Coti-Chiavari, cette année, l’anniversaire de sa mort a donné lieu à une cérémonie à Ajaccio, au Gymnase qui porte son nom. Pour Jean Nicoli, outre la cérémonie traditionnelle de la Rue Solferino où il fut arrêté et celle de San Gavino di Carbini, son village natal, une imposante cérémonie a eu lieu cette année à la Caserne Battesti. Cette caserne qui abrite aujourd’hui la gendarmerie fut investie par les fascistes qui en firent un lieu de détention lors de l’occupation. C’est là que nombre de Résistants furent prisonniers et subirent la torture de l’OVRA, la police politique fasciste. Jean Nicoli était de ceux-là. Un plaque dévoilée hier le rappelle désormais.

Allocution d'Antoine POLETTI pour l'ANACR 2A

Le 9 septembre prochain nous allons célébrer l’anniversaire de la capitulation italienne et l’appel concomitant de la Résistance à l’insurrection pour chasser l’occupant allemand présent dans l’île.
En regardant les photos des scènes de rue de l’époque, il faut peu à l’imagination pour se pénétrer de l’atmosphère de liesse qui s’était emparée des Corses.
Mais quelques jours auparavant, le 30 août, l’occupant italien exécutait ses dernières victimes. Michel Bozzi en était. Lui qui avec ses camarades avait contribué à la victoire aujourd’hui célébrée, ne verra jamais l’aboutissement de son combat.
Contraste en ce mois de septembre 1943 !
Ceux-là manifestent dans la foule bruyante qui a envahi les artères de la ville.
Pour ces autres, - les familles éplorées par la mort d’un mari, d’un fils, d’un père – l’heure est au recueillement, dans l’intimité du foyer, même si leur parvient l’écho lointain de ce joyeux tumulte.
Oh ! Il leur reste la gloire de l’être cher disparu. Mais ils la porteraient comme un fardeau si elle n’était pas partagée avec ceux à qui elle était dédiée.
Que ceux-ci –les générations d’aujourd’hui et celles de demain – témoignent de leur gratitude pour le sacrifice consenti et le fardeau, alors oui, devient trésor partagé. C’est la raison de cette cérémonie.

Cérémonie M. Bozzi AjaccioAllocution de Mme SELLES


la fille de Michel Bozzi devant le Gymnase Michel Bozzi.

Après avoir salué les autorités civiles et militaires, les associations patriotiques et leurs porte-drapeaux, Mme Selles a rappelé la carrière et l'engagement du patriote, son père.
Engagé volontaire à 18 ans incorporé dans un régiment de zouaves en Algérie, mon père y fera carrière.

  • 8 novembre 1942
    Débarquement des troupes alliées en Afrique du nord. L’adjudant-chef BOZZI, mon père, affecté aux services spéciaux sera volontaire pour effectuer des missions dans sa Corse natale, occupée par les fascistes italiens.
  • 5 février 1943
    Dans le cadre de la mission « Pearl Harbour », il embarquera avec deux militaires « radio », armes et munitions destinées aux partisans sur le sous-marin « CASABIANCA ».
  • 6 février 1943
    La tempête qui sévit sur les côtes occidentales retarde le débarquement des hommes et du matériel sur la plage d’Arone (commune de Piana).
  • 6 février 1943
    Rendez-vous manqué par la présence d’une patrouille ennemie, armes et munitions ne purent être remises aux partisans que le lendemain. Grace à des familles de Piana, des membres de sa propre famille, mon père rejoint la région d’Ajaccio qu’il connait bien et s’y installe.
    C’est de là qu’il transmet de précieuses informations au PC d’Alger. Sa première mission terminée, mon père s’apprête à regagner Alger. Ayant appris qu’un colonel est recherché par la milice italienne, mon père lui cède sa place de retour. Resté en Corse, il se propose pour une deuxième mission au cours de laquelle des informations transmises permettront la destruction de deux bateaux italiens.
  • mi-juin 1943
    L’étau se resserre. Mon père, pressentant la menace proche, avertit sa famille et ses amis de détruire tous les documents qui pourraient les nuire. Le service de contre espionnage, informé par des donneurs, apprend qu’un contact entre deux suspects sera établi au « Petit bar » sur le cours Napoléon.
  • 16 juin 1943
    19h30, Michel BOZZI alias BIANCHI est arrêté sur les escaliers de la grande poste après avoir posté un dernier courrier. Incarcéré à la citadelle d’Ajaccio, l’autorité italienne avertie d’une éventuelle évasion, transfère mon père dans le courant de la nuit à Bastia.
    Interrogé sans relâche, torturé plusieurs fois, mon père ne livrera aucun renseignement. Condamné à la peine capitale, il fut fusillé face à l’ennemi le 30 aout 1943 à Bastia, Place St Nicolas.


Il avait 33 ans. J’en avais 9. Soixante dix ans déjà ! La peine enfouie au fond de mon être, m’incite à rappeler le sacrifice et le patriotisme de nos ainés.

Puissent les générations chargées du souvenir, prendre la relève de celui et de ceux qui ont tant servis « LA RESISTANCE » en donnant leur vie !

N’oublions jamais le martyre de Michel BOZZI, mon père, mort debout, fier et droit en criant sous les balles ennemies,

VIVE LA FRANCE VIVE LA CORSE !

Posted by cabrio2b