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Renc. Cinéma Histoire pour connaître et réfléchir

Pour l’édition d’automne des Rencontres Cinéma Histoire, en ce 4 octobre, l’ANACR 2A et la Cinémathèque de Corse avaient programmé, pour clôturer leur manifestation, le film « Casabianca » de Georges Peclet tourné en 1951 et restauré en 2009. Ce film était immédiatement précédé par le documentaire « Le laboratoire corse » réalisé par Dominique Lanzalavi qui situait les enjeux politiques de cette libération de l’île à laquelle le sous-marin contribua par les livraisons d’armes et de munitions.

renc-cinema-histoire-pour-connaitre-et-reflechir.jpgEnjeux politiques puisque ces livraisons s’effectuèrent sous la responsabilité du Général Giraud mais à l’insu du Général de Gaulle qui le lui reprocha. De Gaulle sut habilement tirer avantage de cette insurrection victorieuse, allant même jusqu’à l’exalter alors qu’il ne l’avait pas voulue ; d’autant moins voulue qu’elle était dirigée par le Front National d’obédience communiste. Habilement, le Général de  Gaulle reprit la main, montrant ainsi aux Alliés qu’il était maître de la situation et que c’était de bon augure pour la suite. Quant à Giraud son sort en fut scellé ; paradoxalement, l’insurrection corse à laquelle il avait contribué lui a valu sa disgrâce politique.  Après la libération de la Corse, c’en était fini du pouvoir bicéphale De Gaulle-Giraud. De Gaulle, son concurrent restait le seul chef de la Résistance française. Il s’imposait face aux Alliés qui lui aurait préféré Giraud et face à la Résistance intérieure, en l’occurrence à dominante communiste.

Ces films et les commentaires d’Hélène Chaubin (historienne) et Dominique Lanzalavi  ont nourri un riche débat avec  les quelques 150 personnes présentes dans la salle. Il revenait à Hélène Chaubin de souligner l’intérêt du film « Casbianca » qui donne à voir et à apprécier la compétence et l’audace de l’équipage emmené l’héroïque commandant L’Herminier. Légende et réalité se confondent s’agissant du sous-marin « Casabianca ». En revanche, l’historienne s’est montrée critique de ce que le film donne à voir de la Résistance qui heureusement n’est pas le sujet du film ; à savoir une résistance magnifiée. Tellement magnifiée qu’elle prête par moment à sourire. Il est vrai qu’il a été réalisé au début des années cinquante, en plein mythe résistancialiste.

Plus récent (sorti au printemps de cette année) est le film «Liberté » qui avait ouvert  la Rencontre Cinéma Histoire de ce 4 octobre. Le choix de ce film qui traite de la discrimination dont ont été victimes les populations nomades durant la Seconde guerre mondiale était la contribution de l’ANACR 2A au débat que suscitent les mesures  prises  à l’encontre des Roms (Voir l’éditorial de septembre).

Posted by cabrio2b