C’est au monument de la Résistance que se déroulait la traditionnelle cérémonie qui commémorait la première réunion du Conseil National de la Résistance. C’était au 46 rue du Four dans Paris occupé, le 27 mai 1943. La cérémonie était présidée par Mr. Eric Jalon, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud. La lecture d’un hommage lu par un élève de la classe défense du lycée laetitiaa été suivie par l’allocution d’Alain Tavera pour l’ANACR 2A, puis le message du gouvernement lu par le préfet Éric Jalon. Après « Le chants des partisans » d’Anna Marly, « Le chant des maquisards corses » de Simon-Jean Vinciguerra, c’est par la sonnerie aux morts et « La Marseillaise » que s’est achevée la cérémonie.
Allocution d’Alain Tévera. Extraits
” Après l’hommage aux résistants insulaires, à la jeunesse particulièrement, Alain Tévera a évoqué l’héritage de la Résistance pour en montrer l’actualité.
« En Ukraine, au Moyen Orient et dans bien d’autres conflits moins médiatisés, la démonstration est faite que notre monde peut basculer très vite dans l’horreur de la guerre. Cette actualité nous rappelle aussi que chacun, à son niveau, a une responsabilité. […] Résister aujourd’hui chez nous, ne signifie pas prendre les armes. Cela signifie rester vigilant. Refuser l’indifférence. Combattre les discours de haine, les divisions, les injustices. Défendre les valeurs de la République : la liberté, l’égalité, la fraternité.
” Se souvenir, ce n’est pas seulement regarder en arrière avec émotion. C’est faire vivre cette mémoire dans nos actes, dans nos choix, dans notre manière d’être des citoyens. C’est transmettre aux plus jeunes cette histoire, non comme un poids, mais comme une force. Une force qui inspire, qui élève, qui unit. « [Soyons] dignes de leur héritage a conclu Alain Tavera et il invite à rester vigilant « Car rien n’est jamais acquis. » […] ”
Message du gouvernement lu par Mr Eric Jalon, préfet de Corse. Extraits.
” Le 27 mai 1943, dans un appartement de la rue du Four à Paris, des hommes que tout aurait pu opposer se réunissaient pour la première fois. Gaullistes ou communistes, syndicalistes ouvriers, socialistes ou démocrates-chrétiens, un même refus les rassemblait : celui de consentir au pire. Ainsi s’accomplissait, comme l’avait pressenti deux mois plus tôt Aragon dans son poème « La Rose et le Réséda », l’union de tous ceux qu’un même élan avait portés à venir au secours de « la belle prisonnière des soldats » : cette France qui avait pris le visage de Geneviève de Gaulle-Anthonioz et de Lucie Aubrac, de Germaine Tillion et de Marie-Claude Vaillant-Couturier, parmi tant d’autres femmes combattantes de l’armée des ombres.Ce jour-là naissait, grâce à l’action patiente de coordination menée par Jean Moulin, le Conseil national de la Résistance. Un mois plus tard, arrêté et torturé par la Gestapo, il mourrait sans avoir livré un seul nom, fidèle au combat qu’il avait commencé dès 1940 comme préfet, à Chartres, en refusant de mentir pour accuser à tort des tirailleurs sénégalais de crimes commis par les Allemands. […]
” À l’heure où la puissance du mensonge redevient une arme, où la résignation ferait à nouveau le lit du pire, il nous reste une boussole. Celle de Jean Cavaillès, philosophe, mathématicien, cofondateur des réseaux Libération et Cohors, fusillé en 1944. Comme le formula Georges Canguilhem, son camarade d’études et de luttes, il fut « résistant par logique ». Parce qu’il est des moments où la raison elle-même commande de dire non. Ce patriotisme rationnel et lumineux, ce patriotisme généreux venu du peuple dans sa diversité : telle est la leçon que nous laissent ceux qui furent prêts, souvent très jeunes, à risquer leur vie pour témoigner de la vérité, et arracher leur liberté.Tel est l’héritage du Conseil national de la Résistance. Tel est le legs de Jean Moulin, qu’il nous revient de transmettre aux générations qui auront à défendre notre idéal et notre avenir.
“Vive l’esprit de la Résistance. Vive la République. Vive la France”
