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Actualités SAUVER JEAN NICOLI.

9 février 2026
Jean Nicoli

Jean Nicoli est arrêté le 27 juin 1943 avec Jérôme Santarelli à Ajaccio. Ils sont incarcérés à la caserne Battesti jusqu’à leur transfert, le 26 août 1943, à la caserne Watrin de Bastia. S’ils n’ont pas identifié Santarelli, en revanche il savent qui est Jean Nicoli, connu pour être un haut responsable de la Résistance. Plusieurs tentatives de faire  évader Jean Nicoli sont donc étudiées par ses camarades. D’abord, durant son incarcération à Ajaccio, en prenant un officier italien en otage afin de l’échanger contre sa libération. Puis durant son transfert d’Ajaccio à Bastia où siège le Tribunal Militaire Italien. Et enfin, dernière occasion après le jugement, durant les deux jours qui séparent la sentence du tribunal et l’exécution.

1/ Durant son incarcération à Ajaccio. Deux projets avaient été étudiés : un en Haute-Corse, l’autre en Corse du Sud. Dans le nord et le sud de l’île, obéissant à la direction du Front National de la Résistance, ordre a été donné de capturer un officier italien, un otage qui pourrait être échangé contre la libération de Jean Nicoli. Dans le nord, le témoignage est celui d’Albert Gherardi un des responsables du F.N. de la région Centre1interview au Petit Bastiais n° 131 du 08.08.2001. Un plan d’évasion avait été concocté avec les cheminots : « La mission consistait à tendre une embuscade sur la route d’Ortiporio, sortie sud de Campile. Hélas, nous avons attendu trois jours en vain ». Dans l’extrême sud, une autre tentative n’a pas plus de succès. Les faits sont rapportés par Albert Ferracci. Deux commandos sont constitués ; le premier sous la conduite de Vincent Giovangigli pour un guet-apens sur la route de Bacino, un autre sur la route de l’Ospédale, sous le commandement de Julien Milanini. Echec ! Il était prévu que l’officier italien devait être transféré à Alger par  le sous-marin Casabianca, le 10 mars à Canella, près de Solenzara, en attendant de le négocier en échange de Jean Nicoli.

2/ Durant son transfert d’Ajaccio à Bastia où Jean Nicoli sera jugé. Jérôme Santarelli témoigne2interview au journal « U Ribombu. L’opération consistait en une opération commando qui devait arrêter le train qui transportait Jean Nicoli, entre Tavera et Bocognano. Le projet fut sans doute éventé et Jean Nicoli fut, lui, transporté dans un camion  bâché sous haute protection.

L’exécution de Jean Nicoli.
Source : BD Vendetta E. Gyre et M. Choury.

3/ Ultime tentative, entre la sentence et son exécution ; organiser son évasion sur la scène où avait été dressé le poteau d’exécution. Un colonel des « Chemises noires », Cagnoni, avait promis à la Résistance de le faire libérer ou évader. Cagnioni  avait  été désigné pour conduire le peloton d’exécution. Mais en fait – Cagnioni suspecté  ? – la basse besogne qui devait lui échoir est confiée au sous-officier Ottone. L’historien et journaliste Fabrizio Carloni, dans son livre consacré à la Corse3Fabrizio Carloni. L’occupazione italiana della Corsica. Ed. Mursia 2016. P. 109 rapporte le témoignage de l’adjudant-chef Ottone, commandant le peloton d’exécution :

« …avant l’exécution, un des derniers jours d’août, le sous-officier Ottone apparu au témoin [un jeune bastiais] Gérard Comte, […], très préoccupé parce que, confia-t-il au garçon, « il craignait que lui soit confiée la tâche de commander un peloton d’exécution pour fusiller des patriotes français ».

En effet, les heures qui suivirent, « Gérard vit passer devant la villa un camion bâché à l’intérieur duquel étaient des militaires chargés de l’exécution. Une fois la sentence exécutée, Ottone confia à notre témoin [Gérard Comte], que le condamné était mort en criant à ses justiciers : ‘Vous me fusillez dans le dos parce que vous n’avez pas le courage de me regarder. Vive la France !’ (Voi mi fucilati in la schiena perché non avete il coraggio di guardarmi. Viva la Francia !) ».

Ce faisant, Jean Nicoli a tenu la promesse faite dans une lettre signée avec Michel Bozzi, adressée à ses codétenus la veille de son exécution : « Nous mourrons en Corse français et le procureur du roi l’entendra de ses oreilles« . Ce dernier défi, les fusilleurs le lui font payer : le corps de Jean Nicoli est décapité et son corps portait les traces de mutilation à l’arme blanche.

Antoine Poletti

LIENS :  Le témoignage de Jérôme Santarelli sur les conditions de leur arrestation.

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